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Exercices et nystagmus.


Des exercices peuvent-ils être bénéfiques ?


Essayons de réfléchir.
  • Dans les nystagmus non latents, la volonté peut modifier le nystagmus (comme la volonté peut créer des pseudo-nystagmus chez le sujet normal). Cette modification n’existe que pendant la durée de l’exercice, et disparaît à la fin de l’exercice. Par ailleurs, on ne retrouve aucun effet en dehors de l’exercice (par contre, l’efficacité apparente de l’exercice peut augmenter au cours du temps, donnant une fausse sensation d’amélioration qui encourage le patient à poursuivre). Les travaux qui l’ont démontré datent de plus d’un siècle. Ces exercices sont au mieux une perte de temps. Cependant, ils peuvent être dangereux. En effet, le contrôle du nystagmus par un acte de volonté va amener le patient à frôler les mécanismes physiologiques qui nous permettent de percevoir le monde unique (alors que nous le voyons globalement en double). La prise de conscience de ces mécanismes peut entraîner des troubles fonctionnels extrêmement difficiles à prendre en charge. On ne peut que conseiller aux patients d’éviter de telles pratiques.
  • Dans les nystagmus latents, ces exercices peuvent être dangereux pour des raisons que je ne détaillerais pas ici. C’est un fait bien étayé par les connaissances neurophysiologiques actuelles et l’expérience clinique.

Conclusion : les exercices de contrôle du nystagmus sont au mieux inutile au pire dangereux. La seule façon d’améliorer un nystagmus, c’est d’améliorer l’acuité visuelle du bon et du mauvais œil. C’est un fait démontré en clinique.


Date de la dernière mise à jour du contenu de la page : Mai 2010